30.11.09


Bonsoir,

Aprés 3 voyages en Afrique de l'Ouest, essentiellement au Togo et aussi un peu au Bénin et au Burkina, j'aimerais recopier ce passage lu dans AFRIKA TREK, récit de voyage des Poussin, un couple qui a traversé l'Afrique à pied soit 14 000 kms. Si je le publie ici c'est que je le partage en grande partie et qu'il est mieux dit que si je l'écrivais. Cet extrait reflète mes sentiments à 4 heures du décollage retour pour la France.


Dans le livre, lors d'une rencontre avec un Kényan cultivé, faisant un petit boulot pour s'en sortir :

" N'oubliez jamais que nous autres Africains nous sommes seuls au monde. Personne ne nous aide. Chez vous en Europe, la société est généreuse, l'éducation, les hôpitaux sont gratuits, vous avez la Sécurité sociale, l'assurance chômage, l'électricité, l'eau courante, les routes, vous vous entraidez sans le savoir, vos impôts vous reviennent sous forme d'avantages. Ici, on doit tout payer; les impôts augmentent mais ne donnent droit à aucun avantage; ils servent au train de vie des ministres. Si je ne travaille pas, je meurs et ma famille meurt.

Les Poussin : "Nous avons développé une grande admiration pour ces hommes africains de tout pays, arc-boutés contre l'adversité avec une résignation sereine. Ils savent qu'ils ne changeront pas le monde, ils savent qu'ils doivent vivre. Ils ont laissé les idéologies de côté. Ils ne croient pas aux lubies des villes, ils sont pragmatiques. Depuis longtemps, nous savons qu'ils ne sont pas PARESSEUX. Que leur misère n'est pas non plus une fatalité géographique ni climatique. Qu'elle n'est pas non plus le fruit d'une oppression impérialiste, pas plus qu'une conséquence de l'époque coloniale. Elle n'est qu'un problème de management.

Le Kényan : " Bien gérée l'Afrique serait le continent le plus riche du monde. Nous avons de tout, ici, et toute l'année.J'ai un ami qui a fait ses études de vétérinaire en Russie. Il était en Sibérie. Il m'a dit que c'était l'enfer sur terre. La nature est morte pendant plus de la moitié de l'année. Vous croyez que c'est plus facile de vivre en Sibérie qu'ici ? Et malgré ça, la Russie est bien plus riche que nous. La vérité, c'est que notre gouvernement est incapable de créer des emplois, des usines, des manufactures, une économie capable d'employer de la main-d'oeuvre.


A Kara, au Togo, à 420 km au nord de Lomé, une soeur infirmière togolaise exceptionnelle, LEA, a su se prendre en main, se former, et avec une grande bonté de coeur, recueillir chez elles des enfants orphelins ou maltraités. Elle est un exemple pour beaucoup, elle a compris que ce n'était pas ses dirigeants qui allaient l'aider. LEA fait donc aussi partie de ces femmes africaines qui luttent à leur façon contre la mauvaise gestion de leurs pays mais surtout , LEA fait le bonheur de ceux qui n'ont pas eu la chance d'être né dans un pays prospère et d'avoir eu l'amour et l'éducation de leurs parents.


Ouagadougou, le 26 Novembre

Olivier

Aucun commentaire: